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L’½uvre de Rabelais est si riche qu’elle donne lieu cet été à une importante programmation d’expositions qui se déploie dans plusieurs villes de la région Languedoc-Roussillon. De Sète à Villeneuve-lès-Avignon en passant par Montpellier ou Alès, toute la région est placée sous le signe de Rabelais, qui est presque l’enfant du pays puisqu’il séjourna à plusieurs reprises à Montpellier et fut surtout diplômé de sa très célèbre faculté de médecine. Après le succès de Chauffe, Marcel ! en 2006 – une exposition qui avait comme sujet l’héritage de Marcel Duchamp –, Emmanuel Latreille (directeur du Frac Languedoc-Roussillon) a renouvelé l’aventure en proposant une programmation foisonnante et à plus grande échelle en prenant en compte quinze villes et près d’une trentaine de lieux d’exposition ; un projet pour le moins ambitieux et de taille gargantuesque. Le corps, la médecine, la nourriture, la guerre, le langage, le voyage, autant de thèmes qui sont présents dans la grande ½uvre littéraire de Rabelais et qui deviennent ici sujets d’expositions. Parti pris donc, que de choisir Rabelais pour montrer ce qui, dans l’art contemporain, relève de l’humour, de l’excès, du trivial, du spectaculaire, souvent par delà la bienséance. Chacune des expositions est une manière de se replonger dans les univers truculents de Pantagruel, Gargantua ou du Quart Livre, et de montrer que bien des sujets qui y sont abordés peuvent trouver un écho contemporain. Au Crac de Sète, il est question de la thématique du Monde à l’envers, ce retournement social où se rencontrent folies et utopies, qu’illustrent, entre autres choses, l’éléphant sur sa trompe (encore un !) de Miquel Barcelό ou encore les théories nébuleuses d’Eric Duyckaerts. La Panacée, ancienne faculté de médecine – justement celle où étudia Rabelais – devenue faculté de pharmacie de Montpellier, ainsi que l’espace d’exposition du Frac Languedoc-Roussillon, abordent l’exploration du corps dans ce qu’elle a de plus irrévérencieux, envisagée à travers le thème de la mort désacralisée (Le Gentil Garçon, Taroop&Glabel, Manuel Ocampo…) et du fonctionnement de la machine corporelle (Emmanuelle Etienne, Fabien Giraud et Raphaël Siboni, Richard Fauguet…). Ailleurs, sur le site du Pont du Gard, la thématique de la gorge renvoie tout autant à l’idée de passage dans le paysage qu’à celle du corps, à travers une déambulation profonde parmi les ½uvres d’Anita Molinero, Peter Fischli & David Weiss, Lili Fantozzi et Pascale Wiedemann. Cachées dans les remparts de la belle cité médiévale Aigues-Mortes, les installations de Maurin & La Spesa (photo), Daniel Firman et Delphine Gigoux-Martin évoquent – non sans humour et à travers essentiellement des animaux taxidermisés – la rencontre politique de 1538 entre Charles Quint et François Ier dans la dite ville ; une rencontre placée sous l’½il amusé et les mots cinglants de Rabelais. |
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