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Fred Vannieuwenhuyse
Régisseur général du festival Paris Quartier d'été
Le régisseur est un être multiple. Artisan de l'ombre, il donne son et lumière aux artistes. Fred Vannieuwenhuyse, au service de compagnies de l'automne au printemps, supervise, la belle saison venue, les quelque trente spectacles du festival Paris Quartier d'été.
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« Sans régisseur, pas de show. » Lapidaire mais éloquente, c'est la formule d'usage pour évoquer la « régie », l'un de ces métiers qui s'exerce en coulisse. « Tout mettre en place pour que tout s'harmonise complètement, pour arriver à l'heure dite avec un spectacle parfaitement adapté à l'endroit », dira Fred Vannieuwenhuyse pour décrire son rôle bien particulier de « régisseur général du festival Paris Quartier d'été, édition 2007 ». L'organisation technique d'un festival aussi important - une trentaine de manifestations en tous genres dans Paris et en proche banlieue, sur trois semaines à partir du 14 juillet - se fait en amont. Depuis début juin, au sein d'une équipe de sept personnes, il s'occupe de la mise en place des sites, des demandes techniques (décors, son et lumière), s'inquiète des temps de travail et de répétition, avec une obsession : être prêt à temps.

« Une salle de spectacle, c'est comme une piscine »
Pour parvenir au meilleur résultat, souplesse et rigueur sont de mise, car du côté des artistes, « le bon moment, ça peut être la veille », explique Fred Vannieuwenhuyse à propos des spectacles en création, comme Les Coeurs croisés que Philippe Decouflé présentera sur le « site prestige » du Palais Royal (du 18 au 21 juillet). Des attentions et des mises en oeuvres qui impliquent, par conséquent, de longues journées et de courtes nuits de travail. Objectif ultime : être en mesure de « déléguer et de donner les bonnes informations » aux techniciens de terrain avant le jour J.
Mais il ne faut pas confondre ce souci d'adéquation finale avec le souci de qualité technique irréprochable qui prévaut en des lieux consacrés. L'enjeu de ce festival est de produire des spectacles « dans tous les cadres et de toutes les dimensions ». La régie consiste donc ici à proposer une sorte de « dépaysement » aux spectateurs comme aux artistes, curieux de sortir leur création des cadres traditionnels. Ainsi, l'année dernière, Philippe Catherine et Mathilde Monnier se sont-ils astreints à jouer en plein air, avec une sono enregistrée et une ambiance scénique chargée des bruits de la ville. « Une salle de spectacle, c'est comme une piscine, si on n'a pas le costume on n'y rentre pas », ajoute l'homme clé de Paris Quartier d'été, apparemment heureux de construire des scènes urbaines, au coeur de la vie des gens.

Une inversion des rôles enrichissante
Car Fred Vannieuwenhuyse, régisseur dans l'ombre, goûte aussi l'aspect social de l'événement. Chaque année, à une période très agréable, le festival donne l'occasion de retrouvailles et de découvertes incroyables. « L'année dernière, par exemple, dit-il, des artistes hawaïens nous ont fait découvrir leur folklore. On a été surpris par leurs propositions, et on s'est rendu compte que Hawaï est bien loin de l'Amérique ! »
Il retrouve cette dimension socioculturelle en exerçant son métier au service d'une compagnie, le reste du temps, dans une posture inverse de celle qui est la sienne à Paris Quartier d'été. Une inversion des rôles qu'il considère comme enrichissante : « J'ai le sentiment de comprendre les demandes des artistes d'autant mieux que je travaille habituellement pour eux », dit-il. Identifié « danse » - il travaille avec Boris Charmatz, Régis Obadia, entre autres -, il participe aussi à des oeuvres de vidéastes, de plasticiens, dans une perception décloisonnée des arts de la scène. Une scène « trans- » ou « pluridisciplinaire », et qui vaut par ce qu'elle ose. La seule petite ombre au tableau, pour un homme qui travaille depuis quinze ans à rendre plus et mieux visibles les autres, est économique. Et cette ombre grossit. L'argent manque, les troupes « jettent l'éponge », et nombre de projets ne verront jamais ni la lumière du jour ni celle des projecteurs.

Julie Broudeur
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