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Double Bind, de Tatiana Trouvé, dans le cadre de l’exposition Nouvelles du monde
L’architecture du chaos. Tatiana Trouvé au Palais de Tokyo
Chapeau : Avec
Double bind, son exposition à double entrée en plein c½ur du Palais de Tokyo, Tatiana Trouvé nous fait accéder à un monde dédoublé qui se déstructure et se restructure au fur et à mesure de la balade.
Source : Centre Ressource/Agenda Artishoc (
http://www.artishoc.com)
Genre Agenda : arts visuels
Rubrique : Agenda
du 02/02/2007 00:00 au 11/03/2007 00:00
Salle : Palais de Tokyo (16e)
13, avenue du Président Wilson
01 47 23 38 86
Créé en janvier 2002 à l’initiative du Ministère de la culture et de la communication, le Palais de Tokyo est un lieu d’expérimentation et d’innovation. Pensé comme un forum ouvert à tous, il offre une nouvelle façon de vivre l’art au plus près de son époque, des attentes du public et des artistes. Véritable lieu de vie et première institution au monde ouverte de midi à minuit, le Palais de Tokyo propose à la fois des expositions, des événements, des rencontres, de la vidéo, de la musique, un restaurant, une librairie et une boutique. Le Palais de Tokyo a également créé un accueil sur mesure au service de tous les publics grâce à une équipe de médiateurs spécialistes des nouvelles pratiques contemporaines.
Situé avenue du Président Wilson (XVIème arrondissement), le Palais de Tokyo allie un bâtiment historique, construit à l’occasion de l’Exposition Internationale de 1937, à des espaces internes d'une grande modernité (4500 m2 d'espaces d'exposition) et à une
adresse prestigieuse. Il se prête donc particulièrement bien à des opérations de relations publiques.
La programmation du Palais de Tokyo rend compte de l'art de notre époque et atteste du foisonnement créatif du monde contemporain, de l'ensemble des disciplines traversées par la création actuelle et des nombreuses expressions émergentes qui en dessinent son futur.
Transdisciplinaire, réactif, international, expérimental et diversifié, le programme du Palais de Tokyo témoigne de son engagement permanent aux côtés des artistes tout au long de leur processus de création, pour produire avec eux leurs oeuvres nouvelles les plus pertinentes et significatives.
Les directeurs du Palais de Tokyo, Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans
Nicolas Bourriaud, écrivain et critique d’art, est l’auteur de « L’Esthétique relationnelle », ouvrage de référence pour une approche de l’art contemporain. Jérôme Sans, a été conservateur extérieur de l’Institute of Visual Arts à Milwaukee (USA) où il a organisé des expositions monographiques d’artistes majeurs tels que Pierre Huyghe, Erwin Wurm, Philippe Parreno, Kendell Geers ou Martin Parr. À la fois critiques d’art et commissaires de nombreuses expositions nternationales (biennales, festivals), ils collaborent aux plus grands magazines d’art dans le monde tels que Beaux Arts magazine, Art Press, Flash Art…
Le conseil d’administration
Le conseil d’administration de l’association est présidé par des membres de prestige : Maurice Lévy, président, est également à la tête du directoire de Publicis Groupe S.A., premier groupe mondial de média, et Pierre Cornette de Saint-Cyr, vice-président, est un commissaire-priseur de renom. Ce conseil se compose également d’artistes reconnus tels que Orlan, Catherine Breillat ou Daniel Buren.
Paris 75016 France (Ile-de-France)
Texte : « Double Bind », parce que chacune des pièces de l’exposition de Tatiana Trouvé au Palais de Tokyo, (dans le cadre de l’exposition
Nouvelles du monde renversé)tout comme l’architecture dans son ensemble, a été conçu suivant la figure du miroir et du double. Et qu’il renvoie, dans le jargon psychanalytique, à la « double contrainte », la mise sous pression des enfants forcés de choisir entre leur père et leur mère. Concrètement, l’artiste installe un paysage mental et labyrinthique, resserré et diminué, qui se déplie comme par glissements et par échos, obligeant progressivement le visiteur à renouveler ses prises de repères. S’agit-il de miroirs, ou bien de l’intérieur de la cloison que nous donne à voir la superposition des deux plaques appuyées au mur ? Quels sortes de secrets renferment ces rochers échoués et de toutes parts cadenassés ? Quel envol ces bouliers plombant les modules au sol cherchent-ils à prévenir ? Réalisant des sculptures hybrides qui piochent leurs matériaux et leurs références dans des activités aussi diverses que l’équitation, la musique ou la sexualité, Tatiana Trouve compose un monde harmonieux et incroyablement envoûtant qui soigne au plus près la relation entre l’architecture et la sculpture. Ceci, en mettant notamment à profit sa pratique du dessin dans la conception de la scénographie de son exposition. Ainsi, les fils noirs étirés du sol au plafond segmentent l’espace ou disparaissent derrière une seule grande ligne noire, selon la perspective adoptée. Tandis que de grands tuyaux distordus balisent le parcours, l’accompagnent et le structurent comme autant de lignes graphiques. Le tout est déroulé autour d’un axe central : une grande cage de verre, qui, tel le paradigme de l’effondrement, renferme des éboulis de terre et de déchets – en fait, les résidus issus de la fabrication des pièces. Jouant ici la carte de l’
uncanny et de l’inaccessible chers aux interventions d’un Gregor Schneider, Tatiana Trouvé s’efforce, dans le reste de l’exposition, de redonner forme à ce premier chaos. Mais quand on aperçoit ces deux petites chaussures qui dépassent d’un module, ou encore ces dégoulinades noires qui jaillissent de l’intérieur des ½uvres, on comprend que chaque élément constitue le participant actif de cette inquiétante partition où tout semble dysfonctionner. A commencer par ces sculptures en forme d’orchestres miniatures qui ne sortent pas un son, ou ces complexes de gymnastique conçus pour un corps
alien, suggéré mais absent. L’objet ici a perdu sa fonction, la copie son origine, la direction son point d’arrivée. Il est impossible même de déterminer à quelle temporalité les modules appartiennent. Portent-ils la trace de ce qui s’est passé, ou bien sont-ils dans l’attente d’une action à venir ? La potentielle logique vers laquelle semblent converger les ½uvres serait celle de la boucle. Celle-là même qui ordonne l’emboîtement des prises des fils électriques, comme pour alimenter un circuit fermé, ou l’éclairage de l’intérieur d’une trappe pour mieux révéler sa déficience de branchement. Entre fantasme et frustration, Tatiana Trouvé entrouvre les portes d’une architecture invisible sans pour autant la donner à voir, ouvre les brèches d’un système en se gardant bien de fournir son mode d’emploi.
Mathilde Villeneuve
Inséré le : 22/02/2007 12:01
Palais de Tokyo -
http://www.palaisdetokyo.com