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People-art ? L’exposition Op-Ed World à la galerie Franck Elbaz, à Paris
Chapeau : Entre artiste star et starisation de l’image, l’exposition
Op-Ed World, organisée par Vincent Pécoil à la galerie Frank Elbaz, nous fait passer, par étapes successives, d’un avant à un après l’image.
Source : Centre Ressource/Agenda Artishoc (
http://www.artishoc.com)
Genre Agenda : arts visuels
Rubrique : Agenda
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du 10/03/2007 00:00 au 07/04/2007 00:00
Salle : Galerie Frank Elbaz
7 rue Saint Claude
01 48 87 50 04
Paris 75003 France (Ile-de-France)
Texte : Quel rapport l’image artistique entretient-elle avec l’image médiatique ? Qu’est-ce qui fait glisser l’une vers l’autre ? Sur quel terrain peuvent-elles rivaliser ? A travers des rapports d’autorité et de mimésis, de stratégies de l’évitement et du contournement, le curator Vincent Pécoil nous met face aux images, là où on ne les attend pas.
Elles répondent tout d’abord à un calibrage, dans les photos d’Anne-Sophie Terrillon qui révèlent les procédés techniques permettant au cameraman de caler l’image à l’écran via l’utilisation de filles-potiches. Puis, sont tirées vers l’abstraction, dans la peinture de Hugo Schüwer-Boss, qui s’inspire du signal indiquant au projectionniste de changer de bobine, ou encore dans celle, plus cinétique, de Blair Thurman, reprenant la forme d’un obturateur d’appareil photo tout droit rivé cette fois vers le spectateur. Reine du
gossip, Swletana Heger épingle au mur toute une ribambelle de portraits photographiques d’artistes parodiés en
businessmen milliardaires. En prolongeant dans son œuvre les rumeurs entendues sur le milieu de l’art (qui nous feraient croire, entre autres, à une Sylvie Fleury en posture yoga au bord de l’océan), l’artiste les annule simultanément. Les images, récupérées dans des banques de données diverses, et passées en noir et blanc pour renforcer leur aspect de véracité, s’amusent ainsi des codes de représentation du statut social de l’artiste. Kelley Walker, quant à lui, met à disposition de tout un chacun l’image médiatique, désormais offerte à de multiples appropriations. En exposant la photo d’une maison dont la moitié a été arrachée lors d’un glissement de terrain, il nous donne à voir une image traumatisée, témoin de la catastrophe passée. Mais en y ajoutant des dessins colorés – entre courbes de niveau géologique et mini spirales hypnotiques –, il amplifie l’aspect scandaleux de l’image recyclée de la presse, tout en fournissant
« une licence d’exploitation » qui semble spécifier
« ses conditions d’utilisation et de diffusion », déclare le commissaire,
« comme si elle anticipait son propre recyclage en l’intégrant dans sa conception ». Une remarque qui prend tout son sens quand on sait que la galerie peut graver sur commande l’image en question. L’image, chez le collectif d’édition de Dafflon, Decrauzat et Baudvin, est au contraire vouée à disparaître.
No Picture Available V (saut de la mort sur l’autoroute) se refuse à procurer le minimum syndical d’une image : nous donner à voir. En recouvrant l’image, là encore tirée d’un journal, d’un filtre blanc, l’œuvre frustre toute tendance voyeuriste au moment même où elle l’enclenche. Mais c’est le quasi monochrome noir de Hugo Pernet, Ultimate Painting, qui signe définitivement l’arrêt de l’image, et de l’exposition avec elle. Comme l’aveu d’impuissance d’une image à ne pouvoir être autre chose qu’elle-même.
Mathilde Villeneuve
Inséré le : 22/03/2007 15:57
http://www.galeriefrankelbaz.com