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Espace intime, Catherine Maria Chapel expose à la Galerie Maria Lund

Chapeau : Dans le cadre du 1er salon de dessin contemporain, Catherine Maria Chapel joue le trait comme un espace de révélation intime et sensuel.Une vérité nue qui laisse la part belle à l’expression d’une vie au naturel, parfois d’une sexualité sous-jacente, non revendicatrice.

Source : Centre Ressource/Agenda Artishoc (http://www.artishoc.com)

Genre Agenda : arts visuels

Rubrique : Agenda

Catherine Maria Chapel artiste

du 22/03/2007 00:00 au 26/03/2007 00:00
Salle : Galerie Maria Lund
48 rue de Turenne
01 42 76 00 33
Paris 75003 France (Ile-de-France)




Texte : Loin des discours théoriques, Catherine Maria Chapel questionne les moments d’apparition du geste et du désir. A travers des mouvements parfois à peine palpables sur la toile, des compostions épurées aux couleurs diachroniques, elle évoque un monde d’une grande liberté sensorielle, aux éléments végétaux, organiques, corporels. Une sphère d’un réel, un appel d’écrin charnel et émotionnel, avec la lumière et l'eau comme protagonistes principaux de l’œuvre. L’eau serait l’inconscient de la forme, « les sens sont ce prisme, ce moyen de transport, relié à la nature végétale, aquatique, énergétique » explique l’artiste. Encre,
peinture, dessin s’entremêlent pour y deviner une carte du féminin. La surface de ses œuvres explore l’action du désir, l’acte d’amour. Le corps-matière-sensation, présent à chaque instant, devient une interface d’expression du monde sans équivoque. Sa palette à tendance sépia est empreinte de touches dansantes, légères, précises et audacieuses, aux résonances profondes qui se répandent dans chacune de ses œuvres.
« Emergence » teinté de gris, blanc ou encore « passage charnel » aux couleurs rouges pourpres sont autant de questionnement du désir féminin et de la rencontre. Formes rondes, circulaires, éclats de couleurs, ces figures oniriques laissent deviner des corps fondus, sur le papier, se livrent à une danse énigmatique, comme un ébat amoureux. Le geste du tracé de l’artiste est un geste du « faire l’amour », base de tout geste communicatif. Sans lui, toute communication, tout essai de dépasser la solitude humaine est une erreur. Les dessins, expansion d’un univers, chaque fois singulier, chaque fois différent, foisonnent d’une substance intime et frémissante. Les dessins de Catherine Maria Chapel sont la peau du désir éveillé, l’être physique de l’œuvre. La transparence du signe pictural laisse toujours une place au palpable. Ses jets d’encre, dans la fougue de l’instant s’étirent, se diluent, se boivent et s’absorbent…
« Je ne suis pas une chose qui remercie de s'être transformée en une autre chose. Je suis une femme, je suis une personne, je suis une attention, je suis un corps qui regarde par la fenêtre. Tout comme la pluie n'est pas reconnaissante de ne pas être une pierre. Elle est une pluie. C'est peut-être cela qu'on pourrait appeler être vivant.
Rien de plus que cela, mais cela : vivant. Et vivant d'une simple joie
douce. »
(Où étais-tu pendant la nuit ? de Clarice Lispector, trad. G. Liebrich et N. Biro, p.151, Éd. des femmes, 1985).
Tentation et aporie d’un savoir sur la nature femme et monde, paradoxe de la forme et de l’informe contenu dans la métamorphose du non défini. L’artiste a toujours soin de cette approche poétique et de cette réflexion sur la forme, dans cette recherche du « cœur des choses ». La lumière, essentielle dans l’œuvre de l’artiste, s’obstine à dépeindre l’irruption du désir à cet éveil en accord avec le cycle d’une nature proliférante. Il y a toujours un échange profond entre macrocosme (l’environnement) et le microcosme (sensations), entre le conscient et l’inconscient. Regarder les travaux de Catherine Maria Chapel, s’est être porté, emporté. Ce que l’on ressent ne dure jamais, ce que l’on ressent a toujours un début et une fin. A l’extrémité du regard existe un chemin, au bout des doigts, une émotion. L’un des moyens de comprendre les dessins de l’artiste est de trouver beau et de s’abandonner. Car comprendre est regarder, comprendre est une attitude. Oser être dans un monde charnel et sensuel, loin du mercantilisme et d’une globalisation aliénante, ici « le corps se transforme en passant une
frontière, le regard change de focal, la densité de l'air s'altère et les parfums, les bruits se découpent singulièrement jusqu'au soleil lui-même »
écrit Jean Echenoz. Penser seul(e), comme quelqu'un qui a reçu une lettre espérée et attend avec impatience un moment de calme et d’entre-deux pour la lire. Joie de l’indicible. C’est là que va Catherine Maria Chapel.



Inséré le : 22/03/2007 16:50
http://www.marialund.com
http://www.salondudessincontemporain.com