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Tous en scène
Vidéodanse, au Centre Pompidou
Chapeau : Vingt-cinquième anniversaire oblige, Vidéodanse met les petits écrans dans les grands, en ajoutant à son habituel panel de films chorégraphiques un fastueux florilège de comédies musicales.
Source : Centre Ressource/Agenda Artishoc (
http://www.artishoc.com)
du 11/04/2007 00:00 au 07/05/2007 00:00
Salle : Centre Georges Pompidou
Paris 75003 France (Ile-de-France)
Texte : Un poil plus jeune que le Centre Pompidou, le festival Vidéodanse s’apprête à franchir le cap de son premier quart de siècle avec un bel entrain. Afin de donner à la circonstance de vrais airs de fête, Michèle Bargues, en charge de la programmation de Vidéodanse depuis les débuts, a souhaité montrer la danse filmée sous toutes ses (boules à) facettes. Aussi, cette année, la manifestation accueille-t-elle exceptionnellement en son sein un bouquet de clips – dont l’impérissable
Thriller de Michael Jackson mis en scène par John Landis – et de comédies musicales – allant d’Hollywood (
West Side Story, Hair, Un jour à New York, Tous en scène…) à Bollywodd (
Devdas) sans omettre de glaner quelques perles françaises (
Les demoiselles de Rochefort, Jeanne et le garçon formidable) au passage.
Prise dans la griserie des célébrations anniversaires, Vidéodanse n’en perd toutefois pas de vue sa mission première : l’archivage de la danse contemporaine. S’agissant d’un art qui se fonde tout entier sur le vivant, cet archivage est essentiel et se traduit d’abord par la captation de spectacles – ce n’est, à cet égard, évidemment pas un hasard si le festival est né en 1982, c’est-à-dire au moment de l’essor de la danse contemporaine en France et du « boum » de la vidéo, outil beaucoup plus maniable et économique que l’appareillage cinématographique. Du fait des facilités inhérentes à la vidéo, les captations ne s’embarrassent d’ailleurs pas toujours de préoccupations formelles. S’il est regrettable, ce laxisme ne cause pas un préjudice considérable dans le sens où chaque captation, y compris la plus anodine, a au moins le mérite ontologique élémentaire d’enregistrer l’événement chorégraphique en train de se produire et, par voie de conséquence, d’en permettre la conservation puis la transmission.
Ainsi de jeunes spectateurs peuvent-ils aujourd’hui, par le biais de la vidéo, découvrir des pièces emblématiques des années 1980, telles que
Babel, babel et
Umwelt de Maguy Marin,
Café Müller de Pina Bausch,
Giselle de Mats Ek,
Waterproof de Daniel Larrieu ou encore
Tant mieux, tant mieux ! de Dominique Bagouet. Très présent dans les mémoires, ce dernier, mort du sida en 1992, est aussi très représenté dans ce nouveau Vidéodanse - et le sera plus encore lors du prochain Montpellier Danse.
Dix anges, portraits (1988), co-réalisé avec Charles Picq (l’un des pionniers, toujours en activité, de la danse filmée) d’après le spectacle
Le saut de l’ange, montre avec éclat que Bagouet avait su porter les ressources du film de danse bien au-delà de la simple captation. Il ne fut pas le seul, quelqu’un comme François Verret, par exemple, témoignant avec
La dernière fuite (1989), co-réalisé avec Yves Turquier, d’un stimulant désir de création d’un objet filmique spécifique, non réductible au spectacle (en l’occurrence
Quel est le secret ?) dont il s’inspire.
Participant plus strictement de l’entreprise d’archivage, de nombreux documentaires, consacrés à des figures marquantes (Noureev, Nijinski, Busby Berkeley, Anna Halprin…) ou à des points particuliers (le rap, la comédie musicale égyptienne, l’industrie bollywoodienne…) de l’histoire de la danse, étoffent encore une programmation très ouverte, reflétant la variété (infinie ?) des possibilités que recouvre l’appellation Vidéodanse.
Jérôme Provençal
Période traitée : 2007-04-11
Mots-clés : Vidéodanse, Pompidou
Inséré le : 04/04/2007 11:28
http://www.centrepompidou.fr
Thèmes : danse,