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Arras : un théâtre à neuf, et bientôt vide ?

Chapeau : Les subventions attendues manquent à l’appel pour que le Théâtre d’Arras puisse pleinement affirmer l’ambition qui est la sienne, après trois ans de travaux de rénovation. La prochaine ouverture de saison est menacée…

Source : Centre Ressource/Agenda Artishoc (http://www.artishoc.com)

Texte : A peine rouvert, et déjà fermé ? Après trois ans de travaux, le Théâtre d’Arras vient d’achever sa mue : une importante rénovation a rendu charme et splendeur à ce bâtiment édifié à la fin du 18ème siècle sur l’ancienne place du marché aux poissons. Les portes ouvertes ont attiré près de 25.000 visiteurs, et depuis la mi-février, l’engouement reste au rendez-vous.

Il faut évidemment s’en féliciter : la décentralisation, ce n’est pas seulement les fastes de Lille 3000, ni la perspective d’un Louvre bis à Lens. C’est aussi que puissent exister et se développer, en région, des équipements culturels de proximité, où les formes actuelles du spectacle vivant puissent se diffuser. Cela, tous les discours officiels en conviennent. Dans les faits, la réalité est souvent beaucoup plus tendue. On le vérifie aujourd’hui sur l’ensemble du territoire, où la précarisation des moyens de production amène des lieux à « réduire la voilure », fragilisant d’autant des compagnies par ailleurs mises à mal par la stagnation ou la baisse de leurs subventions, ainsi que par la réforme du régime de l’intermittence, qui épargne au fond les abus les plus criants (notamment dans l’audiovisuel) mais s’attaque aux secteurs les plus fragiles de la création théâtrale, chorégraphique et musicale.

Ces jours-ci, le Centre dramatique national de Montreuil vient de tirer la sonnette d’alarme : la réouverture du théâtre à l’automne prochain, après travaux, est compromise par l’attitude du ministère de la Culture qui « gèle » une subvention promise. Une situation voisine affecte le Théâtre d’Arras. Les travaux qui y ont été conduits devraient appeler, d’eux-mêmes, une ambition renouvelée en termes de programmation. Mais les subventionnements restent à quai. L’équipe du Théâtre d’Arras et son directeur, Max Gaillard, ont construit le budget 2007 en intégrant 150.000 euros d’augmentation des aides publiques, à répartir entre les trois principales tutelles : Ville, Région et Etat. Les subventions augmenteraient alors de 15% : une proposition somme toute modeste en vue d’un changement de statut, qui amènerait le Théâtre d’Arras à devenir « scène nationale ». Cette perspective n’était pas bâtie sur du vent, elle résultait d’une « écoute attentive » à l’automne dernier.

Las ! Le printemps n’a pas apporté les bourgeons attendus… Les 150.000 euros manquent toujours à l’appel. Après avoir envisagé sérieusement d’annuler purement et simplement toute l’ouverture de saison 2007, le conseil d’administration du Théâtre d’Arras a décidé, afin de ne pas pénaliser les publics, de créer un déficit « politique » en maintenant l’intégralité de la programmation prévue pour la nouvelle saison. Avec 513.000 euros en 2006, la Ville d’Arras est en tête des contributeurs. La Région Nord-Pas-de-Calais, abonde pour sa part à hauteur de 340.000 euros. Bon dernier, l’Etat n’a versé en 2006, par le biais de la Direction régionale des affaires culturelles, que 152.000 euros. Cherchez l’erreur…

Jean-Marc Adolphe



Inséré le : 19/04/2007 13:36
Le site du Théâtre d'Arras - http://www.theatredarras.com