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Un art de la commotion
Une « conférence illustrée » de Georges Didi-Huberman
Chapeau : Après la publication du
Danseur des solitudes, qu'il a consacré à Israel Galván, le philosophe est invité par la Cinémathèque de la Danse, le 31 mai, pour une soirée ponctuée de films, sous le double sceau du risque et du rythme
Source : Centre Ressource/Agenda Artishoc (
http://www.artishoc.com)
Genre Ressource : brève / notice
Genre Agenda : danse
du 31/05/2007 00:00 au 31/05/2007 00:00
Salle : Cinémathèque de la danse
Paris France (Ile-de-France)
Texte : « Ni message ni affirmation de soi, cette danse m'apparaît comme un pur déploiement d'expérience intérieure et de gai savoir disjoignant le corps qui les accueille ensemble, qui recueille leur beau conflit », écrit Georges Didi-Huberman du flamenco d'Israel Galván dans un ouvrage paru l'an dernier,
Le Danseur des solitudes (aux éditions de Minuit).
Philosophe et historien d'art, Georges Didi-Huberman est l'auteur de nombreux essais dont
Invention de l'hystérie (Macula, 1982),
Ce que nous voyons, ce qui nous regarde (Minuit, 1992),
L'Image survivante (Minuit, 2002). Aficionado de longue date d'un art qui s'exprime dans le chant, la musique et la danse, Georges Didi-Huberman est invité par la Cinémathèque de la Danse à présenter une « conférence illustrée » dont le flamenco fera battre le pouls :
« Comme d'autres de nos arts contemporains, le flamenco est un art du choc et de la fêlure. Le choc, c'est d'abord celui des pieds sur le sol. Mais un philosophe est en droit de se demander à quoi cela peut bien servir que de taper ainsi, violemment, le sol avec ses pieds. Qu'est-ce que cela change dans le corps, dans nos regards mais aussi dans l'espace tout entier, la terre comprise ?
Danser n'est pas seulement faire avec son corps de belles figures dans l'espace, si l'on entend par là l'espace du haut, cet espace qu'appellent les hypostases de l'idéalisme philosophique et pour les nécessités duquel on voudrait faire de la danse une pure “métaphore de la pensée”. Danser est, aussi, créer au sol des chocs efficaces, y faire surgir des rythmes, y composer des impuretés, s'adresser à la terre comme à l'espace du bas matérialisme, marteler le plancher comme Georges Bataille le fit lui-même, une nuit d'ivresse, pour affirmer devant Sartre qu'il s'éprouvait comme un penseur dansant, un penseur nietzschéen du piétinement colérique et joyeux, voire burlesque – un penseur por bulerías, pour le dire de façon flamenca.
La colère “pathétique” et absurde qui se dégage d'un homme piétinant inutilement le sol est, on le sait, un ressort fréquent de la comédie, mais il est possible, plus généralement, que le sol constitue – en tant que scène ou matériau, creuset ou repoussoir des mouvements chorégraphiques – un paradigme anthropologique fondamental du corps dansant. » Mais sous le double intitulé du « risque » et du « rythme », il s'agira, au-delà du seul flamenco, de
« réfléchir au geste dansant comme art de la commotion
à travers des exemples aussi variés que Nijinski, Bruce Nauman, Louis de Funès, Richard Long, Fred Astaire, Anne Teresa De Keersmaeker, Carmen Amaya et, finalement, Israel Galván qui a accepté de venir conclure cette conférence en produisant lui-même, sur la scène de la Cinémathèque française, quelques moments de sa danse de commotion ».
Du risque et du rythme, conférence illustrée de Georges Didi-Huberman autour du flamenco, le jeudi 31 mai à 20h30 à la Cinémathèque française (salle Henri Langlois), Paris. Tél. 01 44 75 42 75
www.lacinemathequedeladanse.com
Mots-clés : Commotion
Inséré le : 23/05/2007 16:21
http://www.lacinemathequedeladanse.com