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Alain Buffard : Au scalpel des genres
Chapeau : Qui voudrait s’attacher aux richesses et sinuosités de la danse contemporaine française depuis trois décennies pourrait en repérer les aspects et évolutions les plus saillants dans le parcours du seul Alain Buffard.
Source : Centre Ressource/Agenda Artishoc (
http://www.artishoc.com)
Genre Ressource : dossier
Rubrique : Dossier
Alain BUFFARD chorégraphe
Gérard MAYEN rédacteur
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Texte : A la jointure des années 70-80, celui-ci se forme au CNDC d’Angers, mais embrasse tout autant les beats noctambules de la capitale, non sans être de certaines des explorations chorégraphiques les plus décalées. S’ensuit l’emballement étourdissant de la Nouvelle danse française, comme interprète auprès des Decouflé, Chopinot ou Larrieu.
Mais c’est à ce même Alain Buffard qu’on doit, en 1998, un solo fondateur :
Good Boy. Fondateur d’une démarche de déconstruction de la représentation chorégraphique, en même temps que d’une lecture attentive et sans complaisance d’un corps désormais perçu comme biopolitique.
Good for (2001) et
Mauvais genre (2003) le relaieront dans un prisme de transmissions, proliférations et relectures. Ce même soupçon interprétatif, éminemment fécond pour un corps dansant qui rassemble toutes les dimensions de l’être, s’aiguise dans les approches du répertoire américain du Judson, au sein du Quatuor Knust. Yvonne Rainer et Anna Halprin en sont deux figures pionnières, qu’Alain Buffard fréquente assidument (signant notamment le film bouleversant d’intelligence et d’émotion
My lunch with Anna).
Déployé dans la critique et le commissariat d’expositions en arts plastiques, exacerbé dans la saisie des enjeux de la performance, Alain Buffard aiguise un art asséné en pièces radicales, abordant au scalpel les assignations de genre (
Dispositif 3,1 en 2001), affolant la figure iconique de Régine Chopinot (
Wall dancin’ Wall fuckin’ en 2003), attisant le clair-obscur des troubles oniriques de sexualités hors cadres (
Les Inconsolés, 2005). Pièce à grand succès,
(Not) a love song s’apaise aux accents d’une comédie musicale post-moderne (2007).
Alors même qu’il semblait guetté par l’instauration d’un nouvel académisme de l’excellence de la présence scénique, Alain Buffard ose dans le tout récent
self&others une provocation des incertitudes de la forme.
Gérard Mayen
Date de publication : 11/02/2009
Mots-clés : alain Buffard, danse, danse contemporaine, création contemporaine, histoire de la danse
Inséré le : 11/02/2009 07:25